Avril 2008

Je compte
par Wanda Bedard - présidente

Chacun d’entre nous, nous faisons une différence dans le monde. Nous comptons parce que nous sommes allés à l’école pour apprendre à lire et à écrire, et nous comprenons fort bien la valeur du cadeau que nous avons reçu. Nous comptons pour les autres, et c’est tout aussi important, parce que nous pouvons changer les choses du fait des décisions que nous prenons chaque jour ; de nos achats à nos accomplissements, toutes nos actions comptent vraiment. Les résultats obtenus en 2007 à la fondation en disent beaucoup sur l’impact que vous avez.

La campagne de collecte de fonds en faveur d’un projet de partenariat avec Enfants Entraide dans le Massaï Mara, au Kenya, a largement dépassé les objectifs. Un chèque de 100 000 $ a été remis à l’organisme, à la mi-décembre, après la conférence prononcée par Craig Kielburger le 20 novembre dernier.

La construction, sur le site du projet, commencera ce mois-ci, à Oloosiyioi. Pour obtenir plus de détails ou consulter l’échéancier des travaux, cliquez ici.

La générosité des donateurs envers 60 millions de filles et l’appui d’un nombre toujours grandissant de personnes ne cessent de m’étonner. Manifestement, nous reconnaissons qu’il est important de donner une éducation de qualité à tous les enfants si nous voulons qu’un jour notre monde soit plus juste et plus équitable. On le souligne constamment : apporter aux filles un soutien additionnel pour qu’elles terminent leur cours primaire ou secondaire, c’est faire l’investissement social le plus rentable pour une communauté. C’est un fait que j’ai constaté lors de chacun de mes voyages en Afrique. Que notre monde serait différent si nous avions tenu compte de ce message une génération plus tôt!

Cette année, toujours guidées par notre objectif d’atteindre les filles les plus vulnérables et les plus marginalisées de la terre, nous avons décidé d’appuyer deux projets. En partenariat avec UNICEF Canada, nous soutiendrons la scolarisation de 1 300 jeunes filles dans des centres communautaires d’enseignement du nord de l’Afghanistan, la création de comités parents-enseignants en faveur de l’éducation des filles et la formation de 80 femmes enseignantes. Il est difficile d’imaginer un pays ayant autant besoin de la participation des femmes pour pouvoir se développer de manière pacifique.

Nous sommes aussi très heureuses du partenariat établi avec Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) pour un projet extraordinaire qui s’adresse aux filles vivant dans les camps de réfugiés de Dadaab et de Kakuma, au Kenya. Les familles originaires entre autres du Soudan, de l’Éthiopie, de la Somalie et de l’Ouganda, qui ont fui la guerre et la violence, se rendent compte qu’il est capital que leurs enfants s’instruisent. À cause des conditions de vie précaires dans les camps, peu d’enfants peuvent continuer leurs études primaires ou secondaires, et les filles sont désespérément sous-représentées. Un trop grand nombre d’entre elles décrochent avant même d’avoir terminé leur cours primaire. Des cours de rattrapage vont donc leur être donnés et des groupes de soutien, constitués de membres de la communauté, vont aider celles qui ont de la difficulté à compléter leurs études primaires. Avec ce soutien, les filles auront une bien meilleure chance d’accéder au cours secondaire. De plus, les frais de scolarité étant trop souvent un sujet d’inquiétude, 5 jeunes filles vont obtenir une bourse d’études secondaires.

C’est entièrement grâce à vous si nous prévoyons pouvoir soutenir 2 projets cette année, notre objectif étant de recueillir 200 000 $. Votre générosité nous permet d’en faire encore plus ! Les deux projets de cette année, ajoutés à ceux du Burkina Faso, de la Zambie et du Massaï Mara (au Kenya), vont permettre à 2 500 enfants d’aller à l’école, ce qui leur était impossible auparavant, et à de nombreux autres de suivre leurs traces.

Notre équipe, constituée exclusivement de bénévoles, continue de travailler fort pour s’assurer que plus de 99 % de chaque dollar reçu en don par la fondation est consacré aux projets que nous appuyons. Dans ce bulletin, vous pourrez lire avec quel soin nous choisissons des projets exceptionnels. Vous y lirez aussi de quelle manière des élèves se sont mobilisés pour recueillir des fonds pour la fondation.

Je compte ! Notre détermination et nos actions concertées pour changer les choses vont permettre de donner à plus d’enfants un accès à l’un de leurs droits fondamentaux, le droit à une éducation. C’est en réalisant tout leur potentiel que ces mêmes enfants vont contribuer à changer le monde. "Je compte" est donc le thème de notre campagne de sensibilisation des deux prochaines années .


L'évaluation de projets : une démarche rigoureuse
par Manuela Clément-Frencia, membre du comité evaluation de projet et du comité exécutif

Vous vous demandez peut-être comment la Fondation 60 millions de filles choisit ses projets d'éducation pour les filles. Simple coup de tête ou grand coup de cœur? Ni l'un ni l'autre.

En fait, il s'agit d'un processus très rigoureux basé sur un ensemble de critères de qualification qui reflètent la mission et les valeurs de la Fondation.

Tous les ans, au mois de septembre, le Comité Évaluation de projets de la Fondation lance un appel de proposition auprès d'un certain nombre d'organismes canadiens qui ont des projets éducatifs à promouvoir.

Ces organismes soumettent leurs projets selon un gabarit de documentation standard en répondant à des questions très précises telles que la problématique et les enjeux auxquels font face les jeunes filles, les objectifs visés par le projet, les résultats attendus et indicateurs de mesure, ainsi que les coûts et l'échéancier du projet. Y sont également annexés les états financiers de l'organisme, un exemple de rapport de suivi de projet et tout autre document pertinent à la demande.

Le Comité procède alors à une analyse détaillée de chacune des propositions et évalue les projets au moyen d'une grille de pondération fondée sur des critères prédéterminés. Entre autres critères, la vulnérabilité des jeunes filles et l'implication de la communauté au projet y sont examinées.

Une fois l'évaluation terminée, une pré-sélection ("short-list") de projets est présentée au Comité Exécutif de la Fondation pour décision finale. À l'issue de la décision, le ou les projets sont annoncés aux amis et donateurs de la Fondation en vue de la campagne de financement.

Que ce soit l'école satellite au Burkina Faso (2005), le centre de formation Umoyo en Zambie (2006), l'accès à l'éducation pour la communauté Masaï (2007) ou encore les écoles communautaires en Afghanistan (2008) et la scolarisation dans les camps de réfugiés au Kenya (2008) – la Fondation a choisi avec intégrité et équité des projets responsables qui sont de véritables investissements pour le développement des jeunes filles.


Un salon de thé réussi!
par Kim Lan St-Pierre, École internationale de Montréal

Qui peut résister à une bonne tasse de thé et à quelques délicieuses gourmandises? Certainement pas les élèves de l’École internationale de Montréal! C’est en effet grâce à l’appui de la professure d’histoire Mme Annie Girard que ces jeunes du secondaire ont pu se sucrer le bec! Le concept est simple : Quelques étudiants bénévoles cuisinent de bons desserts, on transforme une salle de classe en salon de thé et on les invite à venir y déguster pâtisseries, biscuits, nanaimos et brownies.

Simple comme bonjour; et efficace! En trois jours seulement, les plateaux de gâteries disparus, on compte 500 dollars d’amassés, qui seront une petite contribution à l’organisme 60 millions de filles.


Petit hommage à des religieuses féministes
par Ariane Émond, marraine de la fondation

Une des premières tâches que je me suis donné, il y a deux ans, c’est d’aller sensibiliser quelques congrégations religieuses à la mission de 60 millions de filles. Dès que j’ai eu rencontré mon premier contact, -- Madeleine Bélec des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier de Québec qui fut, à l’adolescence, ma mentor et qui reste pour moi une source d’inspiration,-- je me suis retrouvée avec une liste de femmes agissantes au sein d’un réseau de religieuses féministes. Je n’en revenais pas!

D’une à l’autre, j’ai mesuré combien ces femmes et leur congrégation étaient sur-sollicitées par différents groupes, différentes causes, mais qu’elles restaient, encore et toujours, disponibles pour prendre le temps d’analyser, d’écouter et de mener leurs recherches parallèles. L’appui que nous avons recueilli ne s’est pas démenti depuis. Chaque année, cinq ou six congrégations nous offrent un soutien selon leur capacité financière du moment. De l’une à l’autre, les contributions varient, c’est normal, mais jamais leur enthousiasme à se rallier à nos projets.

Je crois que ce qui me fait si plaisir, c’est de les entendre, l’une ou l’autre, me répéter combien elles sont impressionnées par le travail de démarchage et la qualité des projets que la Fondation 60 millions de filles leur propose. Elles sont fières que nous misions sur l’éducation, l’autonomie et l’engagement citoyen des filles pour changer le monde. Elles y croient profondément et elles sont bien placées pour le faire. Il faut rappeler combien les religieuses ont donné aux Québécoises un vrai coup de pouce dans leur émancipation : en soutenant l’éducation des filles, les femmes victimes de violence, les plus démunies socialement, les pauvres et les malades, et tant de laissées pour compte. Une contribution qui ne leur a pas été assez souvent créditée à sa juste valeur. Je tenais à leur rendre cet hommage mérité.